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Appel citoyen pour un rassemblement des forces de progrès à Grenoble

Alors que l’urgence environnementale exige de repenser l’ensemble de notre modèle de développement, Grenoble est aujourd’hui à la croisée des chemins, après plus d’un siècle de croissance permise par le goût de l’innovation et l’envie de partager un modèle singulier de solidarité. L’identité de notre ville est durablement en crise, depuis au moins une dizaine d’années.

Son modèle de développement fondé sur la science et la culture de l’innovation est remis en cause et cette belle histoire peut s’arrêter sans qu’un nouveau modèle n’émerge. La tentation du repli gangrène le pacte social ici comme ailleurs, de nouveaux égoïsmes se dessinent, une forme d’indifférence à la question sociale, à la souffrance même, émerge derrière les postures généreuses et les discours incantatoires. 

Là où notre ville incarnait à la fois un modèle de développement fondé sur l’alliance entre acteurs scientifiques et économiques et une terre d’innovation culturelle et sociale, créatrice de solidarité et de services aux plus fragiles (centres de santé, politique de la ville et développement social des quartiers), elle figure aujourd’hui une cité en déclin, oscillant entre la normalisation de son développement et l’illusion d’un chemin de décroissance, qui romprait avec son identité profonde..

Ville Grenoble avec Olivier Noblecourt
Plusieurs chemins s’offrent à notre ville à l’aune de l’échéance démocratique de 2020 :

Celui de la banalisation

Grenoble subit aujourd’hui les mêmes travers que les grandes métropoles françaises, mais sans outils adaptés pour y répondre (transition écologique velléitaire, persistance de la ségrégation spatiale et des logiques d’entre-soi, baisse de l’attractivité commerciale, diminution des services aux plus fragiles, etc.). Le risque est grand de devenir une ville moyenne sans autre singularité que son environnement montagnard… et sa traditionnelle réputation de délinquance.

Celui du repli 

Derrière les affichages symboliques, les choix de l’actuelle municipalité ont pour dénominateur commun de porter une vision de la ville qui aboutit à moins de développement, moins de solidarité, moins de mixité sociale. Les choix retenus aujourd’hui aboutissent in fine à faire prévaloir le bien-être individuel des plus favorisés au détriment des mécanismes de solidarités collectives et territoriales. Le résultat est une ville qui renforce ses polarités sociales entre le Nord et le Sud, promeut l’entre soi participatif comme un idéal d’engagement et cultive une incompréhensible indifférence aux réalités sociales. Le refus idéologique d’intégrer les enjeux économiques et sociaux à la transition écologique, malgré des mesures positives sur les déplacements ou la restauration collective, place aujourd’hui Grenoble à la traine des dynamiques de transformation des grandes métropoles européennes.

Celui de l’audace

Réinventer son modèle de développement à partir de ses valeurs essentielles, en l’adaptant à l’urgence environnementale et aux nouveaux besoins sociaux. C’est l’élan humaniste que nous voulons porter pour concilier une exigence écologique, une ambition renouvelée de développement économique, une attention à l’épanouissement de chacun et un engagement résolu en faveur de la mixité sociale et de la diversité sous toutes ses formes. C’est le choix d’une ville où la fraternité est une valeur unificatrice qui fait de nous des Grenoblois et non une addition d’habitants de quartiers ou de tribus sociales ou culturelles sans lien avec le territoire. C’est le choix métropolitain de faire de la transition écologique le levier de transformation du développement économique et social.

Un appel collectif

Nous lançons aujourd’hui un appel collectif pour porter cette vision et cet élan aux élections municipales de 2020, comme une alternative à l’équipe actuelle

Citoyens largement issus de la gauche, beaucoup d’entre nous ont cru dans l’équipe municipale élue en 2014. Mais nos espoirs ont cédé à l’inquiétude : repli sur soi, ambition sociale évaporée, exigences écologiques dévoyées, vitalité économique entravée, dépérissement culturel, non-dialogue de proximité, fragmentations territoriales… Depuis quelques années, la ville de Grenoble perd inexorablement de son rayonnement, de sa cohésion et de sa force de vivre, dans tous les secteurs et dans de nombreux quartiers. Et elle parait trop souvent subir les défis collectifs sur les sujets centraux comme la solidarité, la sécurité, l’accueil, l’emploi, les transports. La municipalité réagit avec frilosité et à reculons, sans vision stratégique, au gré de positions incantatoires éloignées des réalités vécues sur le terrain..

Nous sommes dorénavant convaincus que la véritable alternative se construira en 2020 à gauche et qu’elle sera ouverte aux forces progressistes souhaitant s’engager dans une dynamique commune fondée sur de grands espoirs.

Tous les ingrédients sont réunis pour que la ville et la métropole relèvent la tête, pour qu’elles renouent avec l’identité profonde de ce territoire en termes d’expérimentation et de solidarité, pour qu’elles cristallisent les mille énergies qui en font une cité ouverte et innovante, entreprenante et fière de sa diversité, pour qu’elles dessinent avec pugnacité un horizon mobilisateur en phase avec l’enthousiasme de ses habitants. A l’heure (un peu déprimante) où la politique est captée par des coalitions de mécontents et des calculs d’appareils partisans, nous croyons mordicus dans les passions raisonnées du débat et de la réflexion. Nous venons d’organiser pendant 20 semaines une trentaine de réunions impliquant plus de 200 acteurs grenoblois pour échanger sur des diagnostics, défricher des possibles, inventer des nouvelles voies, tester des partis pris. Le bilan de ce remue-méninges tous azimuts est sans appel: le réveil de la cité passe par une convergence rassemblant toutes les “forces vives” qui croient dans le renouveau de Grenoble et de sa métropole.

Loin d’une énième coalition des mécontents, nous voulons être les artisans d’un projet élaboré collectivement, pensé et finalisé avec le plus grand nombre de Grenoblois, débattu, critiqué et enrichi à l’échelle métropolitaine.

Portraits du collectif Grenoble Nouvel Air

Au-delà des premiers défis à relever pour rétablir la confiance avec les Grenoblois, sur la démocratie locale et la sécurité publique, il portera trois orientations majeures. 

Faire de la transition écologique le moteur du développement économique.

Notre foi dans le progrès suppose que celui-ci soit au service de la qualité de vie de nos concitoyens et du respect de l’environnement, et non de retours financiers à court terme. Tous les enjeux d’urbanisme, de déplacement, de santé environnementale, de recherche scientifique, de soutien à l’entrepreneuriat doivent participer à cette ambition. Le modèle grenoblois des synergies « université – recherche – industrie » est une force jamais acquise et toujours fragile, que nous devons renforcer dans les secteurs qui transforment nos vies quotidiennes : les déplacements, l’énergie, l’habitat intelligent, les réseaux, les objets communicants, les services aux personnes et le lien social… Cela signifie aussi qu’il nous faut assumer pleinement le soutien aux commerces de proximité, aux circuits courts, à l’économie collaborative.

Porter un projet d’épanouissement et d’émancipation sociale des individus par une politique éducative tout au long de la vie.

Nous devons réaffirmer une politique ambitieuse dès la petite enfance, investir plus massivement dans l’accompagnement éducatif, l’éducation populaire, la mixité sociale au collège, l’accès à la formation de tous les jeunes, les démarches de croisement des savoirs à tous les âges, la place du sport dans la cité. Cet effort doit s’inscrire dans la perspective des nouvelles trajectoires professionnelles dans la transition écologique, comme dans celle d’une nouvelle ambition pour l’accès à la culture et le soutien à la création, pour toutes et tous.

Grenoble doit incarner ce modèle républicain de mixité sociale et culturelle

Capable d’endiguer les replis sociaux et communautaires, de faire prévaloir l’intérêt collectif et la logique de “dépassement de fonction” sur la vision de court terme et l’individualisme. Ainsi, la relance des politiques de développement social exigera de repenser la fonction des équipements publics sur les secteurs, pour éviter les cloisonnements entre Grenoblois. Elle inventera de nouveaux lieux, pour notre jeunesse, capables de concilier les enjeux de vie sociale et d’insertion professionnelle, comme pour nos aînés en leur proposant des cadres d’engagement bénévoles et de transmission de savoirs. Cette ambition sera aussi plus exigeante pour que la politique du logement favorise la mixité sociale, et n’encourage pas la ghettoïsation et l’entre-soi des plus favorisés, tant au plan municipal que métropolitain. Elle entrainera un bouleversement de notre démocratie locale pour inventer un “mode collaboratif” d’élaboration et de mise en œuvre des politiques municipales, grâce à de nouveaux outils numériques, à de nouveaux lieux, à de nouveaux métiers.

Rassemblés

Nous porterons ainsi un projet qui renoue avec l’identité ouverte, pionnière, métissée de Grenoble, qui proposera à chacun une place dans notre ville et même davantage, une forme de “dépassement de fonction”, ici aussi. Ce dépassement concerne en premier lieu notre ville elle-même, mais le projet comme les politiques sont inséparables d’une ambition métropolitaine. Plus aucune politique ne peut être pensée à Grenoble sans dimension intercommunale. Nous savons que seule l’échelle métropolitaine permet à certaines politiques publiques, comme l’habitat, d’avoir une puissance suffisante pour contrer les forces du marché, pour rompre avec le sentiment d’impuissance publique : l’horizon métropolitain est une exigence d’efficacité et de démocratie.

Mais nous savons aussi que l’égoïsme communal, le centralisme métropolitain, ont contribué aux fractures territoriales dont tout le pays souffre. Le ressentiment de la France de celles et ceux qui ont le sentiment de toujours subir les transformations du monde, est aussi lié à cette culture de la concentration urbaine qui a abimé les solidarités territoriales. C’est pourquoi le dépassement métropolitain devra d’abord être une ambition de solidarité territoriale pour partager plus que des ressources : de l’ingénierie, des compétences, des idées, de la participation citoyenne, des actions collaboratives.

Rassemblés, nous refuserons la sédimentation de la vie collective, le manque d’écoute et d’horizontalité qui a caractérisé ces dernières années, les superpositions de collectifs qui divisent plus qu’ils ne rassemblent, les entre-soi qui fabriquent de l’exclusion et de la désespérance démocratique. C’est pourquoi notre projet sera ancré dans la vie quotidienne des Grenoblois, sa traduction en mesures concrètes sera le fruit des rencontres et des échanges que nous allons susciter dans les prochains mois et tout au long du prochain mandat.

Notre méthode sera résolument ouverte, parce que le temps n’est plus aux vérités révélées ou aux dogmes idéologiques, et collaborative, parce que l’engagement citoyen n’est pas seulement celui de l’élection, mais il doit devenir celui de la mandature toute entière.

Alors, venez porter avec nous un avenir audacieux et humain pour Grenoble et la métropole !

Le collectif Grenoble Nouvel Air

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