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Les habitants de nos quartiers sud sont aujourd’hui les grands spectateurs du projet municipal de notre ville ! Les quartiers populaires, qui subissaient déjà et ce depuis de nombreuses années le retrait de moyens des politiques gouvernementales, sont dorénavant victimes de la puissance publique municipale. La liste s’allonge de jour en jour: baisse des financements du CCAS, des associations d’éducation populaire et des centres de santé; fermeture de bibliothèques; diminution des moyens du service santé scolaire; absence de présence de la police municipale dans le sud de la ville… Les conséquences de ces choix de politique sont dramatiques, avec un renforcement du sentiment d’isolement de nos quartiers face à la crise sociale que nous traversons. Cette absence d’ambition politique municipale en direction de nos quartiers provoque un repli social et parfois identitaire de plus en plus fort.

Il est vrai que l’abstention au cours du dernier scrutin des habitants des quartiers sud pourrait parfois conforter cette passivité. Certes, l’exécutif Grenoblois ressasse sans cesse la justice sociale et l’émancipation des consciences, mais dans les faits, quid des actions depuis 6 ans? Faut-il comprendre que la transition écologique se fera finalement sur le dos des plus défavorisés de la ville ? L’autoroute à vélo du boulevard Agutte Sembat serait-elle la nouvelle frontière entre le 38000 et 38100 ?

Durant tout le confinement, les habitants de nos quartiers ont été les grands oubliés des actions municipales: pas de distribution de masques, pas de transport public, fracture numérique, distribution des colis alimentaires faites par les associations… Et maintenant, avec la rentrée, la seconde vague d’oubli frappe de plein fouet ces territoires. Aucun dispositif d’accompagnement social pour les familles les plus démunies n’a été prévu par la municipalité. En matière de sécurité, là aussi les Grenoblois du sud endurent un calvaire face à la récurrence d’actes de violences urbaine et des incivilités du quotidien qui usent le morale de nos concitoyens.  La seule réponse concrète de la ville de Grenoble est de retirer la police municipale dans ces secteur de la ville, sans proposer l’esquisse d’une stratégie municipale en matière de sécurité ou de prévention de la délinquance.

Visiblement, les seuls espoirs aujourd’hui dans nos quartiers se situent du côté de la solidarité et de la fraternité. Les associations d’habitants et les associations sportives et d’éducation populaire se démènent pour trouver des solutions. Elles œuvrent avec des moyens limités mais qui maintiennent encore une forme d’équilibre social, fut-il particulièrement précaire. Et la fraternité permet aux familles de surmonter les épreuves de la vie et de lutter contre toutes les formes d’isolements social qui développent un puissant sentiment d’assignation.

Le Maire de Grenoble a déclaré récemment qu’il voulait être le porte-parole des quartiers populaires en France… Vraiment?! Son plaidoyer dans les médias nationaux pour une action concrète au quotidien s’accompagne d’une politique de désinvestissement public dans les quartiers et de fragilisation des associations et des services publics, en particulier sociaux. Nous sommes dans la poursuite du caractère antisocial de la politique menée depuis 2014 à Grenoble avec aucune initiative ambitieuse et beaucoup de temps perdu pour les projets de renouvellement urbain. Cette forme de cynisme est de plus en plus choquante.

Hormis un appel aux dons des particuliers du CCAS pour les fournitures scolaires (initiative fort sympathique qui fleure bon la charité et le patronage), la « gauche Caliméro » semble avoir définitivement renoncer à traiter la question sociale. Avec les socialistes grenoblois et tous les acteurs de Grenoble Nouvel Air, nous resterons fidèles à une gauche ancrée dans les quartiers populaires et qui n’abdique pas son objectif de transformation sociale. Nous avons déjà proposé au dernier conseil municipal une délibération pour préparer la rentrée et doter les associations d’éducation populaire de moyens renforcés (300 000 €), comme cela se passe dans de nombreuses grandes villes de gauche. Mais la proposition a été refusée avec cynisme, sans débat et sans l’once d’une contre proposition. Les quartiers populaires sont-ils définitivement condamnés dans le logiciel idéologique de Grenoble en commun?…

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